Une nouvelle ?
Il naquit comme tout le monde.
Il mourut comme tout le monde.
Entre, il vécut.
Comme tout le monde.
C’est une nouvelle.
Jean-Pierre Andrevon, 131 novellistes contemporains.
Notre actualité
La Regardeuse
parution le 25 novembre !
J’avais d’abord placé le tableau à l’entrée de l’appartement. Quand je rentrais, en fin de journée, c’était la première chose que je voyais. Le portrait de cette jeune femme. Ça m’apaisait. Le temps d’ôter mon manteau, je le regardais avec plaisir, c’était une satisfaction intérieure qui me reposait de mes fatigues de la journée. Elle était là, fidèle, la jeune femme, ponctuelle, comme une petite servante aimable qui me souhaitait la bienvenue.
Chaque soir, un homme rentre chez lui, s’assoit et contemple un tableau : le portrait de Blanche Gaudin, modèle favorite de Toulouse-Lautrec. Peu à peu, une relation singulière s’installe entre lui et cette présence silencieuse. Au fil des pages, une question s’impose, aussi vertigineuse que troublante : est-ce le narrateur qui donne vie à Blanche, ou est-ce, depuis plus d’un siècle, la jeune femme qui attendait qu’un regard l’arrache à l’immobilité du tableau ?
Dans cette novella, à la fois sensible et sensuelle, Pierre Goujon explore le pouvoir attractif des images, les liens que nous tissons avec les œuvres d’art et la manière dont notre désir leur insuffle une existence. Entre fascination, imaginaire et réalité, l’auteur entraîne le lecteur dans un récit où le regard devient créateur et où l’art semble répondre à celui qui le contemple.
La Regardeuse paraîtra en librairie et sur notre site à partir du 25 novembre.
Que disent les revues ?
Dans Une maison en ses murmures, Charles Duttine ne se contente pas de nous livrer une novella dont l’intrigue se déroule dans une maison :
si le récit est bien construit autour d’un personnage principal (auquel l’auteur prend plaisir à n’attribuer d’autre dénomination que « notre personnage », comme pour mieux le vider de sa substance), c’est surtout le décor, à savoir une demeure des bords de Loire, qui devient le véritable protagoniste du récit.
L’homme qu’est amené à suivre le lecteur a quitté Paris pour s’installer sur les bords de Loire : la région offre la promesse d’une nouvelle vie, de racines retrouvées, d’une sérénité tant recherchée. Mais très vite, le lecteur comprend que les choses ne vont pas se dérouler tout à fait comme prévu. Au fur et à mesure que le personnage cherche à s’approprier son nouveau lieu de vie, l’étrangeté gagne du terrain, un malaise sourd et indéfinissable s’installe. Les murs de cette nouvelle maison ne parlent pas que d’hospitalité ; ils murmurent des propos sourds et difficilement interprétables, et le bizarre frappe à la porte avec une insistance croissante. Le lecteur partage cette montée en tension : d’abord on sourit devant l’inquiétude en apparence infondée du personnage, puis on s’inquiète avec lui, puis on entrevoit des motifs réels à ses interrogations.
Pour ma part, j’ai trouvé cette novella particulièrement intéressante sur deux plans : celui de la construction d’ensemble de l’œuvre, et celui du rapport au langage.
Olivia Guérin, La Cause Littéraire, juin 2026.
Actualité autour des formes brèves
Recueil de la rentrée littéraire 2026