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Collection "Fragments"

Red flag
Boris Okoff

Extrait :

J’ai trahi les fleurs de mon balcon. Pendant mon absence, un ami s’est occupé d’elles mais depuis mon retour, elles me font la tête. Quand je leur parle, elles détournent la tige. Comme si je n’étais pas là. J’ai beau leur mettre de la musique, leur demander pardon chaque jour, rien n’y fait. Je paie le prix de mon abandon. Hier, ma femme m’a surpris, psalmodiant et pleurant à chaudes larmes. De quelles plantes parles-tu ?! M’a-t-elle demandé. Et quel balcon ? Quel ami ? Tu n’en as jamais eu ! Je deviens fou. Je n’ai pas de femme non plus !

Red flag est un recueil composé de quarante-neuf micronouvelles. Un nombre qui ne tourne pas rond comme l’ensemble des textes brefs que nous propose Boris Okoff. Oscillant entre drôlerie et inquiétude, entre fantaisie et délire, quarante-neuf historiettes comme le suggèrerait Flaubert, nous aidant à embrasser la légèreté, à oser le pas de côté. Red flag signale le danger, le repoussoir, tel le drapeau rouge qui s’agite un jour de mauvais vent. Prenez garde !

Red flag inaugure la collection « Fragments ». Ces micronouvelles rassemblées nous enjoignent à expérimenter la douce désopilance lorsqu’elle naît de la boutade qui fait grincer des dents.

couv papier red flag

Collection "Sillon"

Une maison en ses murmures
Charles Duttine

Extrait :

Les premiers jours, il arpente la maison et ce qui est nouveau pour lui, l’entrée, les couloirs, l’escalier, chacune des pièces, la cave et autres recoins passent du registre de la découverte à celui du familier. Son corps, ses gestes semblent prendre la mesure de ce nouveau lieu qui va être sien. Le parquet craque, ce à quoi il n’est pas habitué ; au bout de quelques jours, ce bruit lui paraît habituel, rassurant presque amical.

Mené par le hasard sur les rives de la Loire, un homme s’installe dans une demeure pour y mener une vie apaisée. Mais dans cette maison nimbée de silences, l’espace ne se laisse pas seulement habiter : il s’écoute et se ressent. Ici, le temps ne s’écoule pas, il s’accumule.

Charles Duttine nous convie à une étrange visite au cœur d’une poétique ligérienne où les murs demandent à parler. De quelle matière est tissé le lien qui nous lie au logis ? Peu à peu, la frontière s’amenuise et l’on finit par se demander si l’hôte possède encore les lieux, ou si l’esprit de la maison s’apprête à ne plus le laisser partir.

couverture gilles

Collection "Sillon"

Danser les pères
Gilles Ascaso

Extrait :

Alors une image me vient : le tableau de Matisse, La Danse. Car autour du père mort, c’est une danse que je vois, c’est une danse qui se joue, hommage au disparu en même temps qu’hymne à la vie, à l’amour, au partage, tous ensemble autour du mort dans la ronde comme un rite profane venu d’un temps que l’on ne connaît plus. 

Lors de l’enterrement du père de son compagnon, Sylvain se remémore la douloureuse relation qu’il entretenait avec le sien : un père ogre, un père mythifié mais un père mort.

S’installe alors tout au long du récit un dialogue entre la fulgurance des souvenirs tapis dans le creux de la mémoire et le réel patent des funérailles qu’il faut affronter. Que faire de cette figure paternelle que l’on voudrait détester lorsqu’elle vous encombre ? Car l’évocation résiste et s’agite. Sous la plume délicate de Gilles Ascaso, l’image du père danse et s’illumine car l ’auteur nous apprend à aimer et à nous délivrer des monstres.

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Collection "Nouvelle-Brèche"

Nita
Benoît Abert

Extrait :

La famille dont Nita était originaire ne fait plus partie depuis presque un an des plus recommandées du marché de l’adoption. Pour être tout à fait franc avec vous, elle a trop vécu sur ses acquis, considérant à tort que sa position dominante avait valeur d’hégémonie absolue et définitive. Mais rassurez-vous : cette situation n’a rien d’alarmant, car de nombreuses nouvelles offres sont d’ores et déjà disponibles.

Professeur de lettres introverti, un homme (dont nous ne saurons jamais le nom) ressent qu’il a vraiment besoin de quelqu’un. Pour échapper à la solitude, il fait le choix de devenir un parent responsable. L’adoption d’un enfant s’impose à lui. Nita, sélectionnée sur catalogue et faisant l’objet d’une transaction commerciale en règle, intègrele foyer de l’homme. La vie à deux débute, chacun cherchant à apprendre de l’autre. Des liens se nouent. Mais qui est cet homme? Qui est Nita ?

couv nita

Collection "Recueil"

Instants décisifs
Anne-Sophie Barreau

Extrait :

Souvent, quand elle croise Patrick Modiano – c’est le mot, ils avancent l’un et l’autre dans la même allée du jardin dans des directions opposées et un bref instant, son corps qui marche et le sien qui court, se croisent – elle voudrait s’arrêter et lui parler. 

Instants décisifs se compose de douze nouvelles aux atmosphères délicates. « Elle », personnage traversant le recueil, arpente les rues, se souvient, aime, invente la vie des autres. De Rome à Paris, en passant par Los Angeles, l’autrice saisit le point de bascule, le moment d’une trajectoire lorsqu’elle dévie, s’arrête ou poursuit sa quête initiale.

Des histoires contées, au fil d’un temps révolu dans lequel photographies et films accompagnent ces intervalles. Une suite de variations d’ « Elle » où l’on côtoie Patrick Modiano, Annie Ernaux, Pam Grier et de précieux inconnus. Instants décisifs s’inspire d’une expression chère à Henri Cartier-Bresson.

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Collection "Nouvelle-Brèche"

Ici commence la consolance
Ève LaLouise

Extrait :

Je ne savais pas si le mot « consolance » existait. En moi, toute son euphonie prenait place, toutes ses lettres s’étiraient.

Un deuil ça ne s’invente pas, ça se vit. Ici commence la consolance explore l’apprentissage de la vie après la mort d’un être chéri. En un texte bref, Ève LaLouise raconte comment les mots accompagnent le chemin sinueux, traversé lorsque la mère aimée meurt. Dans une narration qui convoque à la fois des souvenirs cocasses, des sentiments paradoxaux et des constats sans appel, comment faire lorsque sa mère meurt ? s’interroge la narratrice.

Ici commence la consolance n’est pas un vade-mecum pour les endeuillés mais une nouvelle sincère d’une fille s’adressant à sa mère.

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